Tu as une idée d'application. Pas encore de site, pas encore d'app, pas encore de clients. Juste cette idée qui te trotte dans la tête, et l'envie d'ouvrir Lovable dès ce soir pour commencer à construire.
Attends un peu. Avant de te jeter dans le développement, il existe une première brique beaucoup plus simple, beaucoup plus rapide, et qui va te faire gagner des semaines : la landing page.
Dans cet article, je t'explique ce qu'est une landing page, pourquoi elle passe AVANT ton application, en quoi elle diffère d'un site professionnel, et comment la tester sur le terrain dès la semaine prochaine.
Une landing page, c'est quoi ? Une page, une seule action
Une landing page (en français, une « page d'atterrissage »), c'est un mini-site d'une seule page. Son objectif est simple : amener la personne qui arrive dessus à réaliser UNE action. Une seule.
C'est ce qui la distingue de tout le reste. Une page d'accueil classique propose dix chemins : découvrir l'équipe, lire le blog, voir les tarifs, nous contacter. Une landing page n'en propose qu'un. Tout ce qui est écrit dessus sert à pousser le visiteur vers ce bouton.
Avant même d'ouvrir un outil, ta première décision est donc de choisir cette action. Quand tu pars de zéro, sans application, les plus courantes sont:
- S'inscrire à une liste d'attente : le visiteur laisse son e-mail pour être prévenu du lancement.
- Réserver un appel ou une démo : utile si ton projet est un service, ou si tu veux parler à tes futurs clients.
- Précommander : le test le plus exigeant, puisque le visiteur sort sa carte bancaire.
- Créer un compte : plus tard, quand ton app existe.
Choisis celle qui correspond à ce que tu veux apprendre maintenant. Si tu veux savoir si ton idée intéresse quelqu'un, la liste d'attente suffit largement.
Prenons un exemple fictif. Sophie veut créer une app qui aide les parents à organiser le covoiturage pour les activités de leurs enfants. Sa landing page tient en quatre blocs : une phrase qui décrit le problème (« Marre des 40 messages WhatsApp pour savoir qui emmène qui au foot ? »), trois lignes sur la solution, une illustration de l'app, et un seul bouton : « Je veux être prévenu du lancement ». Pas de menu, pas de page « À propos », pas de lien vers Instagram. Un problème, une solution, un bouton.
Ça paraît presque trop simple. C'est justement le but. Une page que tu peux construire en un week-end, qui te permet d'apprendre des choses que des semaines de développement ne t'apprendraient pas.
Pourquoi ta landing page passe avant ton application
Le développement d'une application prend plusieurs semaines, souvent plusieurs mois, même avec l'IA. Pendant tout ce temps, si tu n'as rien en ligne, personne ne sait que ton projet existe. Tu construis dans le vide.
La landing page sert de phase intermédiaire. Elle te permet de te montrer, et de tester ton produit et ta solution avant même que l'application existe. Concrètement, elle t'apporte quatre choses.
De la visibilité sur internet. Google met du temps à découvrir un nouveau site. Plus ta page est en ligne tôt, plus tôt ce compteur démarre. Le jour où ton app sort, ton nom n'est plus totalement inconnu.
Du feedback client. Chaque visiteur qui clique (ou qui ne clique pas) te dit quelque chose. Si personne ne laisse son e-mail après avoir lu ta promesse, c'est une information précieuse, et tu l'as obtenue sans avoir écrit une ligne de ton app.
Des prospects. Ta liste d'attente, ce sont tes premiers utilisateurs. Le jour du lancement, tu ne pars plus de zéro : tu écris à des gens qui ont déjà levé la main.
Du terrain préparé pour l'app. En rédigeant ta landing page, tu es obligé de formuler ta promesse en une phrase. C'est souvent là qu'on se rend compte que l'idée n'est pas si claire que ça. Mieux vaut le découvrir maintenant que devant un écran Lovable, avec quarante fonctionnalités à moitié construites.
Et si tu prévois une application mobile sur l'App Store, c'est encore mieux. Crée une landing page qui explique ton produit, avec un lien qui redirige vers l'App Store (et Google Play si tu es aussi sur Android). Avant la sortie, ce bouton devient « Prévenez-moi à la sortie ». Après, il mène directement au téléchargement. Résultat : tu es visible à la fois sur Google et sur les stores, au lieu de dépendre uniquement de la recherche dans l'App Store.
Dans mes années de Product Owner, on ne lançait jamais un développement sans avoir d'abord confronté l'idée à de vrais utilisateurs. La landing page, c'est la version entrepreneur de ce réflexe.
Landing page ou site professionnel : quelle différence ?
« Ha mais Eléonore, une landing page, c'est un site web professionnel en fait ? »
Je l'entends souvent. Et non, ce n'est pas la même chose, en tout cas pas dans le jargon du produit.
Une landing page se caractérise par sa simplicité : une page, un but précis. Un site professionnel, lui, peut contenir des ressources, un blog avec des articles, la présentation de plusieurs services, une page équipe, des témoignages, une FAQ. Il sert surtout à une marque déjà installée, qui a besoin de rassurer, d'informer et d'être trouvée sur plusieurs sujets. Il n'est pas fait pour tester un produit ou un prototype.
Voici les différences, côte à côte :
Landing pageSite professionnelNombre de pagesUne seulePlusieurs (accueil, services, blog, contact…)ObjectifUne seule actionInformer, rassurer, être trouvéPour quiUn projet qui démarre et teste son idéeUne marque déjà installéeTemps de créationUn week-endPlusieurs semainesCe que tu mesuresCombien de visiteurs font l'actionLe trafic global, les contacts entrants
Le vrai problème du site complet, au début, c'est la mesure. Si tu offres plusieurs possibilités de sortie à ton visiteur, tu n'auras pas vraiment la réponse que tu cherches. Il risque de se perdre dans ton site. Il lit ton blog, regarde ta page équipe, repart… et tu ne sais pas si ton offre l'intéressait.
Exemple fictif : Thomas lance une offre de coaching pour les freelances. Il hésite et construit un site complet de six pages. Après un mois, il a 200 visiteurs et 3 messages. Impossible de savoir pourquoi les autres sont partis : ils sont allés lire le blog, puis plus rien. Avec une landing page et un seul bouton « Réserver un appel », chaque visiteur aurait dû faire un choix clair : cliquer ou partir. Et ce choix, Thomas aurait pu le mesurer.
Le site professionnel viendra plus tard, quand tu sauras exactement ce que tu vends et à qui. Pour l'instant, une page suffit.
Plusieurs offres en tête ou un événement à lancer ? Une seule page suffit
« D'accord pour une seule action, mais moi, j'hésite entre plusieurs services. »
Très bonne nouvelle : la landing page est justement l'outil parfait pour trancher. Pas besoin de construire une page par service, ni un site complet pour tout présenter. Fais une landing page avec un formulaire intégré à la fin, et pose explicitement la question à tes futurs clients.
Pour le formulaire, des outils comme Tally ou Typeform s'intègrent en quelques clics sur Webflow ou Lovable. Tally propose une version gratuite qui suffit largement pour commencer.
Exemple fictif : Inès est formatrice en prise de parole. Elle hésite entre trois offres. Sa landing page présente le problème commun (« Tu perds tes moyens dès que tu dois parler devant un groupe ? »), sa méthode en quelques lignes, puis un formulaire qui demande :
Qu'est-ce qui t'intéresserait le plus ?
- Une formation en équipe, dans ton entreprise
- Un coaching individuel
- Un atelier en ligne d'une demi-journée
Plus un champ pour l'e-mail. En quelques semaines, elle ne se contente plus de deviner : elle sait quelle offre attire le plus, et elle a déjà les coordonnées des personnes intéressées par chacune. Le formulaire reste ton unique action. Tu as simplement ajouté une question dedans.
Si tu organises un événement, c'est encore plus simple : la landing page est parfaite ! Une page de présentation de l'événement, la date, l'heure, le lieu, un système d'inscription à la fin. Pas besoin de plus. Un atelier, une conférence, une soirée de lancement : tout tient sur une page, et le nombre d'inscrits te dit immédiatement si le sujet intéresse.
Dans les deux cas, le principe reste le même. Tu poses la question, et tes visiteurs y répondent par leur comportement, pas par politesse. C'est beaucoup plus fiable que de demander à tes amis « Tu trouves que c'est une bonne idée ? ».
Teste ta landing page sur le terrain avec 100 cartes de visite
Une landing page en ligne, c'est bien. Une landing page que des gens visitent, c'est mieux. Et pour ça, tu n'as pas besoin d'attendre Google. Voici ma petite astuce, en cinq étapes.
1. Achète le nom de domaine qui te plaît pour ton app. Celui que tu imagines déjà sur ton logo. Fais-le dès maintenant, avant que quelqu'un d'autre ne le prenne.
2. Crée ta landing page sur cette adresse. Si tu veux un coup de main, utilise le [kit gratuit pour créer ta landing page](https://www.pointzero.studio/free-kit-landing-page), ou lis mon article sur [comment créer une landing page efficace sur Lovable ou Webflow](/post/creer-sa-landing-page-qui-convertit).
3. Génère un QR code qui pointe vers ton adresse. Canva a un générateur de QR code gratuit : tu colles ton lien, et c'est fait. Pas besoin de compte payant.
4. Crée des cartes de visite avec le nom de ton projet, ta promesse en une phrase et le QR code. Imprimes-en une centaine.
5. Va voir tes prospects. Salons, cafés de quartier, événements de ton secteur, associations : là où tes futurs utilisateurs passent du temps. Pitche ton idée, donne ta carte.
Ensuite, suis trois chiffres :
- le nombre de cartes données (ou de pitchs faits) ;
- le nombre de personnes qui ont visité ta landing page ;
- le nombre de personnes qui se sont inscrites.
Le rapport entre les visiteurs et les inscrits, c'est ton taux de conversion (en anglais, CVR pour « conversion rate »). Si 40 personnes ont visité ta page et que 8 se sont inscrites, ton taux de conversion est de 20 %.
Ce chiffre t'apprend autre chose que l'intérêt pour ton idée : il te donne une idée de l'énergie qu'il faudra déployer pour convaincre des utilisateurs. Si, même après avoir entendu ton pitch en face à face, très peu de gens acceptent de te donner une simple adresse e-mail, imagine ce qu'il faudra pour les faire payer. À l'inverse, des inscriptions qui arrivent facilement sont un signal encourageant pour la suite.
Et pendant que tu distribues tes cartes, tu fais quelque chose de précieux : tu parles à de vrais gens de ton projet. Leurs questions, leurs grimaces et leurs « ah oui, j'en aurais besoin ! » valent toutes les études de marché.
Et toi, quelle est la seule action que tu veux que tes visiteurs fassent sur ta future landing page ?
Si tu veux qu'on la définisse ensemble, et qu'on prépare ta landing page avant de te lancer dans ton app, réserve un appel découverte.
Je m'appelle Eléonore et j'accompagne les entrepreneurs qui partent de zéro à créer leur application ou leur site web pour avoir les premiers utilisateurs.
Mes outils
- Lovable
- CLAUDE
- Webflow
- Make
- Glide
- Notion
- Airtable
- Bubble

