No-code ou vibe coding : pourquoi j'ai changé de camp

J'ai défendu le no-code, puis l'IA a tout changé. Mon retour d'expérience pour choisir entre no-code et vibe coding selon ton projet, sans te tromper d'outil.
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Monday, October 19, 2026

En décembre 2025, j'écrivais sur ce blog que le no-code allait devenir une norme. Dix mois plus tard, je ne construis presque plus aucune application dessus. Je crée avec l'IA, en décrivant ce que je veux à Lovable ou à Claude Code. C'est ce qu'on appelle le vibe coding : tu expliques en français ce que ton application doit faire, et l'IA écrit le code à ta place.

Changer d'avis en moins d'un an, ce n'est pas très confortable quand on l'a écrit noir sur blanc. Mais je préfère te dire ce que je vois aujourd'hui plutôt que défendre ce que je pensais hier. (Et je l'assume !)

Je te raconte ce pivot : ce qui m'a séduite dans le no-code, les deux murs sur lesquels je me suis heurtée, le moment où l'IA a tout changé, et la grille que j'utilise maintenant pour choisir entre no-code et vibe coding.

Début 2025 : le no-code m'a rendue autonome (et je l'ai défendu)

J'ai commencé à m'intéresser au no-code début 2025. Mes premiers tests : Glide, Airtable et Make. Une base de données dans Airtable, une interface dans Glide, un scénario Make pour envoyer un e-mail automatique, et en un week-end, tu as une petite application qui tourne. Sans écrire une seule ligne de code.

C'était GRISANT. Pour la première fois, je n'avais besoin de personne pour transformer une idée en application. Moi qui avais passé des années comme Product Owner à rédiger des besoins pour des équipes de développeurs, je pouvais enfin construire moi-même, tester une idée le soir et la montrer le lendemain.

Et je n'étais pas la seule à le voir. Tout un marché se structurait autour d'un nouveau métier : le product builder, cette personne qui construit des applications sans être développeuse. Des formations partout, des webinaires sur Softr chaque semaine, des communautés entières dédiées à Bubble. Le message était clair : le no-code, c'est l'avenir des entrepreneurs non techniques.

À l'époque, une question revenait souvent : « Le no-code a-t-il encore un avenir avec l'IA ? » Ma réponse était oui, sans hésiter. Je pensais que l'IA était encore loin. Qu'un entrepreneur non technique ne saurait jamais gérer la complexité des bugs, ni s'y retrouver dans les dizaines de fichiers qu'une IA génère. Le no-code, lui, te montrait tout visuellement. Tu voyais ta base, tes écrans, tes automatisations. Rien de caché.

C'est cette conviction que j'ai défendue dans mon article sur l'avenir du no-code en 2026, puis dans celui où j'expliquais pourquoi j'avais choisi Bubble et Glide : Glide pour tester vite, Bubble pour construire du solide.

Relire ces deux articles aujourd'hui me fait sourire. Pas parce qu'ils étaient faux à leur date. Mais parce que je n'avais pas mesuré à quelle vitesse le terrain allait bouger sous mes pieds.

Les deux murs du no-code : des mois de formation et une app qui ne t'appartient pas

En construisant de vraies applications, j'ai fini par me heurter à deux murs. Les mêmes, à chaque projet.

Premier mur : il faut beaucoup se former. On vend souvent le no-code comme « sans code, donc sans effort ». C'est faux. Prends Bubble, l'outil de référence pour les applications complexes depuis son lancement en 2012. Pour construire un simple système de réservation, tu dois comprendre comment structurer tes données, enchaîner des actions automatiques, poser des conditions, régler les règles de confidentialité et rendre chaque écran lisible sur mobile. Maîtriser l'outil se compte en mois, pas en jours. Tu échanges l'apprentissage d'un langage de programmation contre l'apprentissage d'une interface. C'est plus accessible, mais ça reste du temps que tu ne passes pas sur ton projet.

Deuxième mur : ton application vit chez quelqu'un d'autre. Bubble ne permet pas d'exporter le code source de ton application. Ta logique, tes écrans, tes automatisations restent chez Bubble. Si l'outil augmente ses prix, tu paies. S'il change ses conditions, tu t'adaptes. S'il disparaît, ton application disparaît avec lui. Pour un entrepreneur qui construit le cœur de son activité, c'est un risque énorme, et on en parle très peu dans les webinaires.

L'IA a fait sauter ces deux murs en même temps.

Pour le premier, plus besoin d'apprendre une interface : tu décris ce que tu veux, avec tes mots. « Ajoute une page où le client choisit un créneau et reçoit un e-mail de confirmation. » L'IA s'occupe du reste.

Pour le second, c'est encore plus important. Le code que Lovable ou Claude Code écrit pour toi peut être envoyé sur GitHub, sur ton propre compte. GitHub, c'est un coffre-fort en ligne pour ton code : il garde chaque version, et il t'appartient. Si demain tu quittes Lovable, ton application ne bouge pas. Un développeur peut la reprendre, tu peux l'héberger ailleurs. Cette sauvegarde est d'ailleurs ce qui te sauve quand une modification casse tout, comme je l'explique dans mon guide pour réparer une application Lovable bloquée.

Ton code, ta propriété. Avec le no-code, je n'ai jamais pu offrir ça à mes clients.

Février 2026 : le mois où l'IA a rattrapé le no-code

Le basculement ne s'est pas fait en un jour, mais par une série de sorties qui racontent une accélération folle.

Côté Claude, le modèle d'Anthropic :

- Février 2025 : Claude 3.7 Sonnet apprend à « réfléchir » plus longuement avant de répondre.

- Mai 2025 : arrivée de Claude 4, et Claude Code se démocratise. Cet outil ne se contente plus de te suggérer du code : il l'écrit directement dans les fichiers de ton projet.

- Novembre 2025 : Claude Opus 4.5.

- Février 2026 : Claude Opus 4.6 le 5 février, puis Claude Sonnet 4.6 le 17. Pour la première fois, le modèle intermédiaire fait mieux en code que le modèle haut de gamme de la génération précédente.

- Avril à juin 2026 : Opus 4.7, Opus 4.8, puis la génération Claude 5 en juin.

Côté Lovable, l'outil que j'utilise avec la majorité de mes clients

- Novembre 2024 : lancement de la plateforme.

- Juin 2025 : le mode Agent, qui planifie, code et corrige ses propres erreurs sans que tu aies à le guider à chaque étape.

- Septembre 2025 : Lovable Cloud. La base de données, la connexion des utilisateurs et le stockage des fichiers se mettent en place en un seul message. Jusque-là, c'était exactement le genre de réglage qui faisait fuir les non-techniques.

Pourquoi je retiens février 2026 ? Parce que c'est là que, dans mon travail de tous les jours, la qualité a franchi un seuil. Avant, je passais une bonne partie de mes sessions à corriger ce que l'IA avait cassé. Après, je décrivais une fonctionnalité et elle marchait, la plupart du temps, du premier coup. Même mouvement chez OpenAI, dont les derniers modèles écrivent eux aussi du code d'une qualité impensable il y a un an.

Est-ce que l'IA écrit désormais du code sans erreur ? Soyons honnêtes : non. Produire du code est devenu une commodité : rapide, disponible, bon marché. Des bugs, il y en a toujours, surtout quand on enchaîne les demandes sans plan. La différence, c'est qu'aujourd'hui tu peux les faire corriger en les décrivant, au lieu de fouiller toi-même dans des menus de configuration.

C'est l'arrivée de Claude qui a donné le dernier coup de massue à mes certitudes. La complexité que je croyais insurmontable pour un non-technique, l'IA l'absorbe à sa place.

Ce que disent les chiffres : l'argent et les experts ont changé de camp

Tu te demandes peut-être si mon ressenti est partagé. J'ai cherché les parts de marché du no-code. Mauvaise nouvelle : il n'existe pas de chiffre public fiable, et les études qui en avancent mélangent souvent tout. En revanche, trois signaux racontent clairement la même histoire.

Premier signal : la croissance de Lovable. D'après les estimations du cabinet Sacra et les chiffres annoncés par l'entreprise, Lovable est passée de 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents en juillet 2025 à 200 millions en novembre, puis à environ 400 millions en février 2026. En novembre 2025, l'outil approchait déjà les 8 millions d'utilisateurs. Aucun outil de no-code n'a connu une trajectoire pareille, alors que Lovable n'existait pas commercialement deux ans plus tôt.

Deuxième signal : Bubble lui-même change de discours. Le pionnier du no-code a présenté son agent IA en bêta à l'automne 2025, lors de sa tournée à Paris et à Londres. Dans son point communautaire de janvier 2026, l'équipe annonce tout miser sur cet agent pour retrouver l'effet « waouh » du vibe coding. Quand le leader du no-code consacre son année à l'IA, le message est limpide. Sur son propre forum, des utilisateurs s'inquiètent d'ailleurs de la baisse du nombre de visiteurs sur le site.

Troisième signal : les figures d'autorité ont changé de braquet. Des formateurs qui étaient LA référence sur Bubble enseignent aujourd'hui la création d'applications avec l'IA. Le 29 octobre 2025, j'avais écrit à l'une de ces figures du no-code pour lui poser une question très simple : « Est-ce intéressant de se former sur Bubble, Glide et Softr avec Lovable ? » Je n'ai jamais reçu de réponse. À croire que la réponse se profilait déjà !

Un bémol, pour être complète : le vibe coding a aussi ses creux. D'après une note de Barclays relayée par TechCrunch, le trafic vers Lovable avait chuté de 40 % en septembre 2025, après le pic de l'été. Beaucoup de curieux sont venus tester, puis sont repartis. Pendant ce temps, les revenus ont continué de monter : ceux qui restent sont ceux qui construisent pour de vrai.

Le no-code ne s'effondre pas du jour au lendemain. Il perd le rôle qu'il avait : celui de la seule porte d'entrée pour un entrepreneur qui ne code pas.

Ce que je construis encore en no-code, et ce que je ne construis plus

Mon avis est donc bien loin de ce que j'écrivais en décembre 2025. Pour autant, je ne pense pas que le no-code soit mort. Pas pour tous les usages.

Les flux simples, montés en 10 minutes. Un formulaire rempli sur ton site qui crée une ligne dans Airtable et t'envoie une notification : Make ou Zapier font ça très bien, en quelques clics, pour quelqu'un qui ne veut pas toucher au code. Pour ces automatisations sans IA, le no-code a même un avantage : tu vois chaque étape à l'écran, tu sais exactement ce qui se passe et dans quel ordre. Tu restes maître de ton flux de bout en bout.

Les sites professionnels de marque, avec Webflow. Le site sur lequel tu lis cet article tourne sur Webflow, et ce n'est pas un hasard. Je constate que l'adoption de l'IA se fait à double vitesse chez les entrepreneurs. Certains l'utilisent à corps perdu, enchaînent les outils et les essais. D'autres s'en tiennent à la fenêtre de discussion de ChatGPT et ne veulent pas aller plus loin. Ce qu'ils veulent, c'est que leur site tourne tout seul, et pouvoir changer un texte ou une photo de temps en temps sans risquer de tout casser. Pour eux, un site Webflow bien construit, avec un éditeur simple, reste la meilleure réponse.

Tout ce qui devient critique, complexe ou appelé à durer. Là, je ne construis plus en no-code. Une application qui encaisse des paiements, gère des comptes clients ou porte le cœur de ton activité, je la crée avec l'IA, et son code part sur GitHub. Parce qu'elle va grossir, parce qu'elle devra évoluer, et parce que tu dois pouvoir la garder si l'outil change ses règles.

Pour choisir, pose-toi trois questions :

1. Si l'outil disparaît demain, qu'est-ce que je perds ?

2. Mon projet va-t-il grossir dans les prochains mois ?

3. Est-ce que mon activité s'arrête si ça tombe en panne ?

Si tu réponds « pas grand-chose », « non » et « non », le no-code te fera gagner du temps. Sinon, passe directement par l'IA. Et si tu veux savoir ce que chaque option coûte vraiment, j'ai détaillé les fourchettes dans combien coûte une application en 2026.

Et toi, tu en penses quoi ? Tu es resté fidèle au no-code, ou tu as basculé toi aussi ?

Viens m'en parler sur LinkedIn : je lis tous les messages, et je suis curieuse de savoir si ton expérience ressemble à la mienne.

Je m'appelle Eléonore et j'accompagne les entrepreneurs qui partent de zéro à créer leur application ou leur site web pour avoir les premiers utilisateurs.

Mes outils

  • Lovable
  • CLAUDE
  • Webflow
  • Make
  • Glide
  • Notion
  • Airtable
  • Bubble
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